Histoire de Fourmis
Une Civilisation Parallèle.
Les fourmis occupent la Terre depuis environ 140 millions d'années, alors que l'humanité n'est apparue, sous sa forme moderne, qu'il y a environ 300 000 ans.
Pendant que nous apprenions à tailler la pierre, elles érigeaient déjà des mégapoles souterraines abritant des dizaines de millions d'individus. Leur modèle social, bien que radicalement différent du nôtre, est d'une efficacité redoutable.
Relation intersexe
Contrairement aux idées reçues, la cité n'est pas "asexuée" : elle est quasi exclusivement composée de femelles. Les ouvrières, bien que stériles, sont biologiquement des femelles dont le développement reproducteur a été freiné par les phéromones de la colonie.
Seule une infime partie de la population se reproduit : Les princesses et les princes.
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Le Vol Nuptial : Les mâles ne vivent que pour cet instant. Après avoir transmis leur matériel génétique en plein vol, leur fonction biologique s'achève et ils meurent rapidement.
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La Reine : Unique ou multiple selon les espèces, elle n'est pas un "chef" qui ordonne, mais une unité de production. Elle pond selon les besoins de la cité, régulés par la qualité de la nourriture (trophallaxie) que lui apportent les ouvrières.
Chacun naît donc avec une fonction définie à l'avance.
La différenciation (devenir une ouvrière, un soldat ou une future reine) dépend principalement de la nourriture donnée à la larve et des phéromones de la colonie.
Status social
Il n'existe pas de chômage, pas de misère, pas de propriétés individuelles, pas de police. Il n'y a pas non plus de hiérarchie et de pouvoir politique. C'est la République des Idées.
Quel que soit son âge et sa fonction, chacun peut proposer des idées à l'ensemble de la cité. Il sera suivi en fonction de la qualité de celle-ci et des informations qu'il apporte.
Chacun naît avec une fonction, mais la survie du groupe prime toujours sur l'individu.
Economie
Les fourmis pratiquent l'agriculture. Dans la cité, elles cultivent des champignons. Elles connaissent l'élevage. Elles font paître des troupeaux de pucerons dans les rosiers. Elles fabriquent des outils. Elles ont des notions de chimie puisqu'elles utilisent des salives antibiotiques pour soigner leurs larves et des acides pour attaquer l'ennemi.
En matière d'architecture, les cités des fourmis prévoient l'aménagement de solariums, de greniers, d'une loge royale de champignonière.
On aurait cependant tort de croire que, dans la fourmilière, tout le monde travaille. En fait, un tiers de la population paresse, dort, se promène à loisir. Un autre tiers vague a des occupations inutiles, voire gênantes pour les autres, entreprenant par exemple la construction d'un tunnel qui fera s'écrouler un autre. Le dernier tiers, enfin, répare les erreurs des précédents, bâtit et gère vraiment la cité. et au final, cela fonctionne.
Les fourmis font la guerre, mais lors des batailles toutes les fourmis ne sont pas contraintes de combattre. En revanche, toutes sont soucieuses de la réussite collective de la cité. Cela importe plus que leur réussite personnelle.
Lorsqu'une cité a épuisé le gibier environnant, elle se déplace en entier. Les citoyens migrent pour reconstruire ailleurs.
Il se crée ainsi un équilibre entre la fourmilière et la nature qui fait qu'elle ne détruit rien et contribue au contraire à l'aération des sols et à la circulation des pollens.
Un Super-Organisme
On pourrait comparer une cité à un cerveau, et les fourmis la composant à des neurones.
Les fourmis fournissent un exemple d'animal social qui a réussi. Elles ont pratiquement colonisé tous les biotopes, du désert au pôle Nord. Elles résistent même face aux catastrophes environnementales les plus extrêmes.
Leur force réside dans leur résilience : une fourmi seule est fragile, mais la colonie est virtuellement immortelle.
Elles semblent fonctionner sans se gêner entre elles et en parfaite symbiose avec la planète...